La pouponnière Saint Vincent de Paul de Paris est la plus ancienne institution de l’aide à l’enfance, terme employé par son fondateur plusieurs siècles en arrière. Mais elle n’a pas toujours porté ce nom ni siégé à l’adresse qu’on lui connait actuellement. Alors si vous souhaitez plonger avec moi au coeur de son histoire remontons le temps jusqu’à…


Non, jusqu’en 1903, date d’impression d’un livre entièrement consacré à la pouponnière Saint Vincent de Paul et imprimé par les Enfants Assistés de l’école d’Alembert de Montévrain en Seine-et-Marne. Ce livre, tombé dans le domaine public, est consultable sur le site Gallica de la Bibliothèque Nationale de France.

Comme vous pouvez le lire, le titre du livre s’intitule « l’hospice des Enfants Assistés », mais il s’agit bien de la pouponnière Saint Vincent de Paul située au 72 de l’avenue Denfert-Rochereau.

Le livre de 1903 consacré à la pouponnière St Vincent situe bien plus précisément sa géolocalisation: « L’hospice est limité, de face, par la rue Denfert-Rochereau; en arrière, il donne sur des maisons de la rue Boissonade; il est enclavé à droite dans le couvent de la Visitation, à gauche dans l’établissement des soeurs aveugles de Saint-Paul et les jardins de l’infirmerie de Marie-Thérèse.
La surface totale du terrain est de 33.170 mq, dont 7.537,50 pour la surface des bâtiments et 25.632,50 pour la surface des cours et jardins.


Concernant l’histoire de l’établissement le livre « L’Hospice des Enfants-Assistés » nous apprend des choses nouvelles en plus de celles déjà citées sur ce blog ici:

L’hospice des Enfants-Trouvés a été installé en 1814 dans l’institut de l’Oratoire, rue d’Enfer.
Il précise aussi qu’au XVème siècle, avant l’intervention de Vincent de Paule, « la sauvegarde et l’éducation des Enfants Trouvés étaient confiés au chapitre de Notre-Dame; puis ils furent dévolus à l’administration de l’Hôtel-Dieu, qui installa successivement ses pupilles dans l’hôpital de la Trinité, au faubourg Saint-Denis, et dans une maison de la Cité en façade sur le port Saint-Landry, et connue sous le nom de Maison de la Veuve.

Par contre ce qu’on apprend ici c’est que Vincent de Paule, constatant l’insalubrité des lieux et les conditions d’accueils déplorables des Enfants menaçant leur vie, créa ou fit créer coup sur coup, à leur intention:
– l’hospice de la Porte-Saint-Victor, que dirigea elle-même Louise Legras, avec ses filles de la Charité

– un quartier d’Enfants au château de Bicêtre
– et enfin l’hôpital de la Couche, ou Maison de Couche, qui fut rattaché à l’Hôpital Général à partir de 1670, et installé, tour à tour, au faubourg Saint-Denis, au faubourg Saint-Antoine et dans la rue Neuve-Notre-Dame.
C’est à l’hôpital de la Couche (ou Maison de Couche) que l’hospice des Enfants-Trouvés a directement succédé. Par la suite seuls les noms donnés à l’établissement ont changé, le site restant le même.

Depuis 1814, l’hospice des Enfants-trouvés a subi de nombreuses transformations.

Comme vous pouvez le constater sur les trois images de la crèche (c’est-à-dire la salle dédiée aux nourrissons), l’hospice a été transformé plusieurs fois, notamment en 1838, 1879 et 1899.

Les dates de rénovations sont celles citées dans le livre « L‘Hospice des Enfants Assistés ». Il est évident que depuis il y en a eu d’autres, les règlements liés à la sécurité et à l’hygiène évoluant constamment.
Le livre nous apprend que l’hospice des Enfants Assistés (nom donné progressivement à partir de 1860) reçoit et hospitalise les catégories d’Enfants suivants:
1°) Les Enfants en dépôt, c’est-à-dire ceux dont les parents sont, ou malades dans un hôpital, ou détenus préventivement, ou bien condamnés à un emprisonnement ne devant pas excéder 6 mois;
2°) Les Enfants Assistés proprement dits;
3°) Les Enfants moralement abandonnés;
4°) Un certain nombre d’Enfants des deux sexes arrêtés pour vagabondage ou pour délits peu importants et qui sont envoyés en observation par les magistrats;
5°) Les Enfants Assistés malades et qui ne peuvent recevoir en province les soins que réclame leur état;
6°) Les enfants malades présentés aux consultations de médecine et chirurgie et dont l’état exige des soins immédiats.

La durée du séjour, calculée d’après le nombre des journées divisé par le nombre des admissions, a été de 13,64.




C’est en 1942 que l’hospice des Enfants Assistés prendra le nom d’Hôpital Saint-Vincent de Paul.
Aujourd’hui la pouponnière fait exclusivement de l’accueil d’urgence et pour une durée limitée.
Vous qui avez un jour croisé ce lieu, j’espère que ce voyage dans le temps vous aura plu.
A bientôt

