L’homme est un être sociable, c’est d’une évidence banale. Qui oserait remettre en question la part sociale de l’être ? Pourtant, cette notion nous questionne aujourd’hui encore avec autant de force que notre monde capitaliste semble livrer aux lois d’une minorité de nantis insensibles au sort des autres.
Chaque jour, nous nous faisons les témoins de la misère humaine et de sa richesse vivants côte à côte comme deux membres d’un même corps handicapé. Chacun aspire pourtant à améliorer son quotidien et participe en cela à l’évolution de nos sociétés. L’activité de chacun investit dans le collectif permet de se réaliser personnellement à travers ses divers talents et d’assurer ses moyens d’existence. Lorsque tous ne peuvent accéder à cette investissement gratifiant dans le collectif, l’effort volontaire d’alors s’accumule comme une charge, une contrainte d’existence. Vient alors le désir de s’affranchir d’un investissement personnel qui ne répond plus à l’aspiration première, le besoin de se détacher d’une activité qui ne profite plus également à soi et aux autres.
Le désintérêt de l’homme pour son milieu social vient peut être aussi du désenchantement de l’individu pour ses propres aspirations de vie meilleure. Quand l’espoir semble perdu, il reste encore ce désir de progrès qui nous tient encore. C’est ce désir même qui fait revivre cet idéal : concilier l’intérêt individuel et l’intérêt collectif.

