La plupart des mots-clé revenant régulièrement sur notre blog concernent des questions sur comment doit-on travailler en pouponnière, que faut-il comme qualités pour rejoindre ce genre d’établissement, qui peut prétendre au poste de maternante ?

Alors pour satisfaire tout le monde j’ai décidé de donner quelques conseils issus de ma propre expérience. Ces conseils, ce sont ceux que j’ai donnés à tous les professionnels que j’ai encadrés. Les voici:

Conseil n°1:

Observez !

Observez les lieux, observez le personnel, observez les enfants, observez le travail. Attention ! Pas uniquement pour le reproduire bêtement mais plutôt pour déceler les failles, les petits « trucs » qui vous déplaisent. Ces petits trucs qui vous feront intervenir tôt ou tard au sein de l’équipe ou qui plus simplement vous feront partir de l’établissement. Observer en pouponnière c’est garder cette distance nécessaire sur son propre travail et pouvoir ensuite en faire une critique constructive.

Conseil n°2:

Acceptez vos erreurs !

Eh bien quoi ? Vous imaginez qu’en arrivant en pouponnière vous êtes soudain différent d’un employé intégrant un nouveau lieu de travail ? Vous croyez que parce qu’il s’agit de l’aide sociale à l’enfance une armure invisible vous protège de vos bêtises bien humaines et/ou de celle des autres ?

Foutaises !

Comme toute bonne première fois vous allez tomber dans les mêmes pièges que vos prédécesseurs et c’est tant mieux ! Pourquoi ? Car c’est de la manière dont vous allez gérer, analyser, réparer la situation que vous découvrirez ou que les professionnels vous encadrant découvriront si vous êtes ou non fait pour ces lieux.

Un exemple ? Bien sûr ! Je suis là pour vous aider alors voici celui que je cite à chaque fois:

Que vous le vouliez ou non, que vous cherchiez à l’éviter ou pas vous allez tomber (j’espère plus tôt que tard) dans le piège de la relation affective. N’ayez pas peur ! C’est normal ! C’est humain ! C’est bien ! Cela signifie que vous êtes avant tout un être humain et non une machine humanoïde lobotomisée à fournir des soins de base.

Un jour, sans que vous vous en rendiez compte, vous allez vous attacher à un enfant, tomber dans les petits travers qui font que vous allez lui céder un peu plus qu’il ne faudrait, ou lui assurer une présence un peu plus longue, ou vouloir lui offrir un présent…cela peut revêtir différentes formes en effet selon chaque personne. Mais je ne connais PERSONNE en pouponnière qui ne soit pas un jour tombé dans ce piège.

Car oui, il s’agit d’un piège, et pour vous, et pour l’enfant. L’enfant sent bien que votre regard est différent, que votre patience est illimitée, que vos sourires sont affectueux. C’est à ce moment là qu’il vous faudra être fort car si vous ne corrigez pas très vite votre comportement et n’en parlez pas alors cela peut avoir des conséquences plus ou moins néfastes pour l’enfant, pour vous, pour les autres enfants et pour le reste de l’équipe. D’ailleurs, si une collègue vous propose de discuter de votre relation avec un enfant, ne vous braquez pas ! Ecoutez ! Et repensez à cet article car qui sait ? Peut-être la personne vous faisant face ce jour là a t-elle elle aussi traversé ce genre de situation et vous sera t-elle d’une aide précieuse ou au moins une oreille attentive ! N’ayez pas peur des remarques, car en pouponnière elles sont souvent source de réflexion sur votre travail. A vous, mais aussi à l’équipe: vous ne travaillez pas seul même lorsque vous êtes seul avec un enfant. Dites vous que vous êtes le relai d’un autre adulte et qu’un autre encore assure la continuité de votre travail.

Je suis tombée dans ce piège. Une fois m’a suffi. Mais elle a été riche en enseignements ! 🙂

Conseil n°3:

Bougez !

Remuez-vous ! Ne vous confortez pas dans votre petite place toute douillette ! Cherchez à vous instruire, lisez les livres ayant attrait de près ou de loin à la profession. Formez-vous. Changez d’unité ou de lieu professionnel mais BOUGEZ !

La première crèche ou j’ai travaillé ma directrice nous avait donné ce conseil: 7 ans. Restez environ sept ans maximum dans un lieu professionnel mais si ensuite vous en avez la possibilité changez. Si vous avez peur de changer c’est que vous êtes déjà tombée dans des habitudes, dans le train train, dans un petit confort, dans une peur de l’inconnu.

N’allez pas chercher loin, il suffit d’un exemple: lorsqu’un cadre vous demande de changer d’unité pour aller remplacer un autre professionnel. Bien rares sont ceux qui acceptent spontanément car nombreux sont ceux qui ont peur de se heurter à une manière différente de travailler, à d’autres professionnels, à de nouveaux enfants…

L’inconnu fait peur. Et pourtant… une fois franchi sa porte Madame « habitudes » vous ouvre grand ses bras ! Et si il est un lieu ou les « vieilles habitudes » sont plus néfaste que partout ailleurs c’est bien en pouponnière ! Alors BOUGEZ-VOUS !  😉

Suis-je toujours auxiliaire en pouponnière ? Non ! J’ai bougé et je continue. Mon expérience est riche de lieux et de rencontres. 

Si vous bougez

Si vous bougez, comme le dit si bien MuB, alors soyez sûr d’être actif. Pour le mental, c’est pareil. J’ai vingt année d’âge en institution pouponnière et l’enfant qui s’y trouve, jamais le même, suscite chez moi un intérêt toujours aussi riche et motivant.

Mais, je comprends, ô combien, de quelle lassitude elle veut parler en arguant que plus de 7 ans ce serait trop. Lassitude de ne pouvoir travailler en équipe, d’une manière harmonieuse et complémentaire sans que le désir très (trop ?) personnel de certains ne nuise à l’élan des autres. Lassitude que nos efforts ne se mesurent qu’à la sympathie que l’on suscite à l’encadrant qui nous évalue, sans que les motivations qui notent ce capital sympathie puissent être remises en question. Lassitude de se retrouver seule quand on voudrait être soutenue. Mais, plaisir, quand nous savons le pourquoi nous sommes là et que cela, personne n’est en mesure de nous l’enlever. Alors je bouge toujours dans le même lieu et dans cette danse, avec ses graves et ses aigus, je m’améliore auprès les enfants. C’est mon moteur à moi.


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