La crèche, une invention des plus ingénieuses
Dans le rapport général du 26 janvier 1850, au nom de la commission de l’assistance et de la prévoyance publiques, M. Thiers nous confie « qu’une invention des plus ingénieuses et des plus touchantes, sous le titre de crèches et de salles d’asile, a depuis quelques années institué des lieux pour y recueillir l’enfance depuis l’âge le plus tendre jusqu’à l’âge de l’école, et suppléer ainsi aux soins de la mère, obligée d’aller travailler loin de son enfant pour gagner la vie de cet enfant et la sienne. »
Permalien du document: Gallica

Voici la suite des propos de M. Thiers:
« C’était la seule institution peut-être que l’humanité et la religion des temps antérieurs n’eussent pas encore songé à créer. Jusque-là, l’enfant vivant dans les rues des villages et des villes, quelque-fois suspendu dans ses langes au milieu de la ferme abandonnée, était exposé à la corruption, au vagabondage, souvent même aux animaux malfaisants. »
J’ouvre ici une parenthèse pour expliquer que c’était monnaie courante dans les villages en France d’accrocher le nourrisson ou le jeune enfant emmailloté à un crochet pour le protéger des animaux sauvages, notamment les rats, et afin de permettre aux mères d’aider dans les champs.

« L’humanité de notre temps, à peine avertie de cette lacune existante dans nos institutions de bienfaisance, s’est emparée de cette idée, et les crèches, les salles d’asile se sont multipliées dans toute la France, avec une promptitude qui prouve que le coeur de cette société n’est ni barbare, ni même froid, et qu’il suffit que le bien soit certain et possible pour qu’elle s’y livre avec ardeur. »
Au fait me direz-vous, que sont les salles d’asile ? Eh bien chers amis lecteurs il s’agit de l’ancêtre de l’école maternelle ! 🙂


