pupille de la garde 3° régiment

Document sur les Pupilles de la Garde sous Napoléon 1er

J.E Valentin-Smith nous livre ce document inédit issu des archives du ministère de la guerre. Il explique que le régiment des pupilles a pris son origine du régiment des vélites Hollandais, lors de la réunion du royaume de Hollande à la France.

Permalien du document: Gallica

Il est réuni au régiment de la garde et prend naturellement le nom de « régiment des pupilles de la Garde ». Au départ formé de 2 bataillons, il en comporte neuf en 1811.

Le recrutement des nouveaux bataillons s’est fait savoir:

1° Dans les hospices de l’Empire et parmi les enfants trouvés et abandonnés, dont une partie étaient allemands et les autres hollandais, belges, italiens !

2° Par le moyen des enrôlements volontaires.

3° A l’école d’instruction de Fontainebleau, où ont été pris la plus grande partie des sous officiers et caporaux.

pupille de la garde 3° régiment
Le pupille de la Garde se trouve à gauche sur l’image – Cliquer pour agrandir

Notes concernant les pupilles:

Le corps des pupilles de la Garde tire son origine des vélites royaux de la Hollande, qui en formèrent le noyau. Ces vélites étaient des enfants d’officiers et de sous-officiers morts au service. Tous les régiments concouraient, dans une proportion déterminée, à leur habillement et à leur équipement. Ils étaient instruits et commandés par des officiers pris dans la garde royale, et étaient administrés par le conseil d’administration de cette garde.

Le recrutement se fit:

– au moyen de 6.000 orphelins que le ministre de l’intérieur fit tirer des différents hospices de l’empire, et ayant plus de 15 ans; la plupart, néanmoins, étaient hollandais, belges, allemands et italiens.

– d’enrôlement volontaires de jeunes français de 16 à 20 ans, ayant au moins la taille de 1,54 mètres (4 pieds 9 pouces).

– de sous-officiers et caporaux pris au bataillon d’instruction de Fontainebleau.

Le corps d’officiers fut pris, presque en totalité, parmi les officiers et sous-officiers de la vieille garde, qui entrèrent dans ce régiment avec avancement.

Ordre de Napoléon du mois de décembre 1811:

« Monsieur le Duc de Feltre, _ donnez ordre que, le 1er janvier prochain, les pupilles soient toisées; prenez note de ceux qui seraient bien portants et ayant 5 pieds; vous me ferez connaître ceux qui ont cette taille, et même 4 pieds 10 pouces, avec leur âge et leur département; recommandez qu’on fasse faire le moins de service possible à ces jeunes gens, qui ne sont pas capables de supporter les fatigues et qu’il faut ménager. »

15 décembre 1811:

« Monsieur le Duc de Feltre, _ vous me faites la demande de 416 sous-officiers pour les bataillons de pupilles. Je pense qu’il faut en prendre parmi les anciens pupilles eux-mêmes; ni la garde ni la ligne ne peuvent suffire à une telle consommation.

Dans les anciens pupilles, il y a beaucoup de jeunes gens ayant plus de 16 ans, sachant lire et écrire, et déjà instruits; on peut les prendre pour conduire les autres.« 

5 mars 1811:

On propose à l’Empereur de nommer des maîtres de lecture et d’écriture pour le régiment des pupilles de la garde.

Voici sa réponse:

« Cette institution ne doit pas être un sujet de dépense; on choisira pour cet effet des sergents du corps. »

Décret sur les pupilles de la Garde daté du 30 août 1811:

Art. 1er. Le régiment des pupilles de la Garde sera porté à 8 bataillons et à un bataillon de dépôt, ce qui fera 9 bataillons; chaque bataillon de 4 compagnies, et chaque compagnie de 200 hommes, officiers, sous-officiers, tambours compris; ce qui portera ce régiment à 6.400 hommes. Le bataillon de dépôt sera de 8 compagnies.

Art. 2. L’état-major sera composé d’un colonel et d’un major. Il y aura un conseil d’administration séparé. Ce régiment sera, pour ses masses, dans les attributions du ministère de l’administration de la guerre, à dater du 1er janvier 1812.

Art. 3. Le colonel, le major, le conseil d’administration et le bataillon de dépôt resteront à Versailles. Le régiment sera caserné, savoir:

Le 1er bataillon, à Rouen;

Le 2° bataillon, au Havre;

Le 3° bataillon, à Fécamp et à Saint-Valery-en-Caux;

Le 4° bataillon, à Dieppe;

Le 5° bataillon, à Boulogne:

Le 6° bataillon, à Dunkerque;

Le 7° bataillon, à Caen;

Le 8° bataillon, à Granville.

Art. 4. Le ministre de l’intérieur sera chargé de diriger sur le dépôt de Versailles les enfants âgés de plus de 15 ans qui sont à la charge des hôpitaux dans les différentes parties de l’Empire, jusqu’à concurrence du recrutement. Ces enfants seront habillés et équipés au dépôt de Versailles, et de là dirigés sur les bataillons où ils seront incorporés.

Art. 5. Nos ministres de la guerre, de l’administration de la guerre et de l’intérieur sont chargés de l’exécution du présent décret.

MuB


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