« Je suis le taon qui tout le jour ne cesse de vous réveiller. Peut-être, impatientés comme des gens assoupis qu’on a réveillé, me tuerez-vous ; après quoi vous passerez le reste de votre vie à dormir » – Apologie de Socrate

Lorsqu’ il s’agit d’observer et de juger des actes et des paroles, il nous faut confronter nos regards à  des valeurs réalistes et non pas celles qui nous sembleraient les plus justes voire les plus belles.

En situation d’observation, nous ne pouvons découvrir la réalité absolue de ce que l’on voit ou entend car nous ne percevons d’une scène que ce que nos yeux et nos oreilles nous renvoie. C’est donc sur la base non pas de ce que l’on voit et entend  mais de ce qu’il nous est possible de voir et d’entendre que l’on jugera de la valeur d’un acte  par rapport à  un autre  reconnu comme préférable. Mais, peut-être qu’un geste malheureux aura trompée notre regard ou qu’une parole aura heurtée notre oreille par la violence de son énoncé, si bien qu’un ressenti négatif nous détourna du but de notre action. Quelle sera alors la portée de notre jugement ?

Soyons conscient que nos observations, quelles qu’elles soient, se nourrissent aussi de nos propres impressions qui influencent notre jugement. Notre capacité de remise en question est alors précieuse pour nous maintenir dans notre objectif premier. Une observation en regard de la notre serait en mesure de ré-interroger notre propre pensée. Nous ne saurions oublier que tout jugement garde une part de subjectivité qui le rend susceptible d’être révisé. Dans ce cas, la personne observée dans le cadre d’une évaluation par un travailleur social de l’ASE (Aide Sociale à l’Enfance) devrait être la première à en bénéficier. C’est pourquoi la place des parents d’enfants confiés à l’ASE mérite qu’on se ré-interroge sur nos actions en incluant leurs observations.


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