« Elle a 55 ans et elle reprend ses études. Le jour où elle sera diplômée elle ne sera pas loin de la retraite. Est-ce que cela vaut vraiment le coup ? »
Elle c’est Françoise. Une auxiliaire éducatrice de jeunes enfants que vous croiserez peut-être au détour d’un chemin de Touraine. Je l’ai côtoyée deux ans seulement mais je lui serai éternellement reconnaissante car c’est grâce à toutes les qualités énumérées au tout début de ce texte par une autre collègue que j’ai à mon tour été élève au CERPE.
Ce n’est d’ailleurs pas anodin si nous sommes étions au sein du Centre de Recherche et d’Etude de la Petite Enfance. L’une comme l’autre avons des parcours atypiques et c’est notre volonté plus que nos capacités qui nous a permis d’accéder à leur formation au même titre que n’importe quel étudiant issu du cursus normal. Comme vous le savez si vous suivez régulièrement le blog, cela fait 35 ans que j’ai quitté les bancs de l’école en dernière année du collège. Eh bien le CERPE permet à des adultes comme moi, souhaitant se former sans pour autant se dévêtir de leurs connaissances pratiques et intellectuelles acquises sur le terrain, d’accéder au diplôme leur permettant de mettre en valeur cette précieuse expérience.
La diversité culturelle et professionnelle présente au sein du CERPE, son système de notation basé sur des lettres et non des chiffres afin de ne pas décourager ou dévaloriser chaque individu m’ont plu et rassurée. Le potentiel que chacun possédons, cette école souhaite le découvrir, le valoriser et l’enrichir. Les valeurs sociales et humaines qu’ils défendent et enseignent, leur réflexion toujours vivante et sans cesse renouvelée autour du jeune enfant, émulée à la fois par les enseignants mais également les élèves, font que c’est au sein de cette établissement que j’ai souhaité reprendre mes études. Mais je n’aurais jamais eu connaissance de cette école ni foi en mes capacités si Françoise n’avait pas ouvert la voie.
Alors Françoise saches ceci : Certes tu avais plus de 55 ans mais ton dynamisme et ta joie sans cesse renouvelés faisaient l’admiration voire la convoitise des tes collègues, toutes générations confondues. Tu n’as pas repris tes études, juste diplômé ton savoir. Tu n’étais pas au crépuscule de ta carrière mais à l’aube de ta profession. Est-ce que cela valait le coup ? Oui, au centuple ! Cela en valait la peine et le courage qui t’ont animée durant ces trois dernières années.
Pour toutes ces raisons Françoise, Merci
MuB

