Je me rappelle l’année où j’ai décidé de ne plus me défriser les cheveux. Au début, je rageais beaucoup au moment de les coiffer, car je ne savais plus comment les « dompter ». Et puis je me suis demandé pourquoi je réagissais toujours désagréablement envers la texture de mes cheveux : c’était les miens et je devais apprendre à faire avec !
Alors, je me suis remémoré les séances de coiffure auxquelles nous soumettait ma mère. J’aimais être coiffé par elle.
Ma mère était peu démonstrative, son sentiment affectif transparaissait plutôt dans ses regards doux et ses sourires toujours chaleureux. Alors, j’attendais mon tour ; nous étions cinq candidates à l’appel.

Lorsqu’il arrivait, je m’installais au sol, encadrée de chaque côté par les jambes de ma mère, et là, je pouvais savourer longuement la caresse de ses mains sur mes cheveux. Jamais ma mère n’a eu un geste d’agacement envers mes cheveux. Jamais elle n’a montré de l’impatience devant cette épaisseur de mèches crépues.

Je crois qu’elle faisait partie de ces personnes, devenues rares, qui savaient encore apprécier ce qu’elles ont !


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