Voici plusieurs mois que je m’entretiens avec les internautes sur mon travail, ma réflexion professionnelle, l’évolution de mes pas dans ce milieu de l’accompagnement de la petite enfance qu’est la pouponnière sociale. (cet article a été réactualisé en 2014 une première fois).
Je voudrais aujourd’hui vous interpeller sur la notion de « l’ accompagnement à la parentalité ».
Il me semble que ce terme renferme des visions très différentes de l’idée d’accompagnement, empreintes de beaucoup de subjectivité quant à la représentation du parent. Il est difficile encore pour certains professionnels de lier l’intérêt de l’enfant et celui du parent. Qu’en est-il de la famille que forme l’enfant et son parent ? L’accompagnement de la famille serait un terme plus approprié peut-être, pour ne pas cliver les intérêts de l’un et de l’autre. L’enfant est présent parce qu’un adulte l’a porté à la vie. Un parent existe par le lien qui le relie à l’enfant: une histoire de naissance toujours, une aventure qui commence peut être, un chemin à prendre ensemble où parallèlement. Mais un lien. Un lien qui s’est construit et qui va s’animer petit à petit. Un lien très sensible qui peut se fragiliser, se distendre voire se perdre et alors, avoir à se retrouver, plus grand, plus fort, ou bien devoir apprendre à s’ouvrir à un autre lien et se nourrir différemment. Un lien qui ne peut s’oublier parce qu’il est rattaché à la vie même. L’accompagnement de la famille, c’est pour moi, d’abord accepter qu’un enfant dont on s’occupe n’est pas un enfant seul, mais qu’il a une histoire à lui, qu’il nous faut entendre, respecter, et accompagner vers son devenir. Dans l’assurance que l’enfant s’inscrit dans ses propres pas, une fois que la vie lui est donnée.
La famille est un repère, pas une prison. Elle nous permet de construire à partir du vivant.

