La maltraitance est un fait avéré de mauvais traitements (Larousse).
La bientraitance est une notion utilisée dans le domaine de l’éthique (Wikipédia).
Notion (Définition du Larousse): n.f (lat. notio) Idée que l’on a de quelque chose; concept
Vous l’avez compris: il est dangereux de comparer la maltraitance à la bientraitance voire d’en faire des contraires. C’est pourquoi j’ai décidé de commencer cet article par les définitions issues des dictionnaires en vigueur en France.
La bientraitance est un néologisme né dans les années 90 au sein du comité de pilotage ministériel de « l’opération pouponnières ».
Extraits de l’ANESM (« La bientraitance: définition et repères pour la mise en oeuvre« ) :
Ce terme renvoie au cheminement de professionnels qui souhaitaient « rechercher activement des moyens permettant de ne pas se laisser envahir par le découragement provoqué par la complexité des situations de maltraitance. » Il désignait une démarche « impliquant avant tout, malgré les séparations et les ruptures, de respecter la continuité du développement de l’enfant dans son histoire, non plus à court terme, mais envisagée dans un projet d’avenir, et de l’aider à construire son identité dans la sécurité affective et l’épanouissement de toutes ses possibilités. » Le trait d’union du terme de «bien-traitance» signifiait, pour ses créateurs, le lien entre tous ceux qui prenaient part à la démarche. L’enjeu de ce concept était ainsi résumé : « (…) la “bien-traitance” des plus vulnérables d’entre les siens est l’enjeu d’une société tout entière, un enjeu d’humanité. »
« La proximité des deux concepts de bientraitance et de maltraitance signale une profonde résonance entre les deux. Utiliser le terme de bientraitance oblige en effet les professionnels à garder la mémoire, la trace de la maltraitance.
Ainsi, la bientraitance, démarche volontariste, situe les intentions et les actes des professionnels dans un horizon d’amélioration continue des pratiques tout en conservant une empreinte de vigilance incontournable. La bientraitance est donc à la fois démarche positive et mémoire du risque. »
« Ainsi, la bientraitance ne se réduit ni à l’absence de maltraitance, ni à la prévention de la maltraitance. Elle n’est ni le contraire logique, ni le contraire pragmatique de la maltraitance.
La bientraitance s’inscrit dans les conceptions d’une société spécifique, à un moment donné du temps. Il appartient à chaque équipe de professionnels, en lien avec les usagers, d’en déterminer les contours et les modalités de mise en oeuvre dans le cadre du projet de service et d’établissement, faute de quoi la démarche perdrait de sa dynamique et de son sens. Néanmoins, si la bientraitance est par définition une notion contextuelle et non figée, elle comporte un certain nombre de dimensions incontournables et ne peut donc relever d’un choix arbitraire. »
Maintenant passons à la pratique:
Quelle différence y avait-il dans les années 2000 entre la bientraitance et la maltraitance du point de vue d’une auxiliaire de puériculture ayant travaillé durant cette décennie en pouponnière ?
Je ne peux pas vous répondre. Autant le mot maltraitance était couramment employé dans les deux pouponnières où j’ai travaillé, autant celui de bientraitance je ne l’ai entendu qu’à Marseille lors d’un colloque dédié à ce néologisme.
Et pourtant, Dieu sait combien il nous aurait procuré du bon tant dans le fait de définir notre quête quotidienne du meilleur, tant dans celui d’être enfin reconnues dans notre travail.
Selon MuB, la différence entre la Bien-traitance et la Maltraitance se situe uniquement dans le regard de l’observateur, alors autant prendre connaissance tout de suite de ses valeurs morales car ce sont elles qui vous définissent tantôt dans une catégorie, tantôt dans l’autre…
On ne dénonce jamais quelqu’un de bien-traitance à enfant… dommage !
Pour une reconnaissance bien-traitante
Oui MuB, il n’est pas courant d’entendre qu’une auxiliaire soit bien-traitante. Parce que l’on a bien du mal à identifier ce que l’auxiliaire procure de bon à l’enfant qui ne relève pas de la « fonction de l’infirmière ». C’est-à-dire qui n’est pas programmé par la fonction mais se construit dans la relation même de l’auxiliaire avec l’enfant. L’auxiliaire profiterait bien d’une réflexion sur l’accompagnement de l’enfant : un accompagnement qui le prend en compte, qui le considère comme sujet de son histoire, comme sujet dans la relation, comme partenaire dans la démarche d’accompagnement. Autant d’éléments qui ne relèvent pas d’une coordination hiérarchique mais d’une implication individuelle, professionnelle et responsable de l’auxiliaire. La bien-traitance est la part de responsabilité individuelle de l’auxiliaire envers l’enfant. Cette part importante de son travail nécessite d’être éclairée, soutenue et accompagnée pour que les soins que l’auxiliaire procure puissent tendre vers un bien être optimal de l’enfant.

