Cet article est le 4ème écrit en collaboration avec le blog de Popeline:

« Les Petites mains, histoire de la mode enfantine »

Son quatrième article intitulé « la layette » va vous faire découvrir que l’origine de ce mot vient de son contenant… mystère !

Et que dire de l’emmaillotement qui n’avait pas pour but premier de protéger le bébé des rats en le suspendant à un crochet tandis que ses parents allaient travailler au champs. Non non non, le but premier de l’emmaillotement vous le trouverez également dans l’article de Popeline.

Pour finir et vous donner plus encore l’envie d’aller visiter son blog je vous pose une devinette: à combien d’intervalle de temps les bébés emmaillotés étaient-ils changés ? Par « changés » comprenez le soin consistant à leur nettoyer le siège de leur urines et selles. Toutes les 3 heures ? Plus ! Tous les 6 heures ? Plus ! Une fois par jour ? Plus ! Une fois tous les 4 jours ? Plus ! Vous voulez la réponse ? Celle-ci va vous surprendre il est certain ! Alors cliquez sans plus attendre sur l’image ci-dessous !

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Lorsque Popeline, dans le cadre de notre collaboration autour de la vêture, m’a demandé de mettre en lumière les objets laissés par les parents confiant leur enfant à la charité publique, et visibles dans différents musées européens, je ne pensais pas que ces recherches m’emmèneraient si loin…

MuB

Le Prénom:

Lorqu’une maman accouche sous le secret, le premier, et bien souvent le seul héritage qu’elle laisse à son enfant est son prénom.

Le témoignage qui suit est celui d’une maman qui a accouché sous le secret. Vous n’y décèlerez pas d’héritage concret à son enfant car vous comprendrez la difficulté d’accession aux informations aussi bien concernant la maman que les professionnels qui ne sont pas toujours aguerris aux démarches liées à l’accouchement sous X et au lever du secret. Par contre elle laissera un héritage immatériel, une phrase, bien plus précieuse aux yeux de son enfant que tous les trésors du monde:

Témoignage de N.C daté du 03/11/2013:

 Je n’ai pas donné de prénom lors la naissance de ma fille… j’en avais un dans mon coeur bien sûr… je me souviens du moment où la sage femme et son auxiliaire m’ont posé la question… je n’ai pas osé le dire, comme si je n’en avais pas le droit, pas légalement mais moralement. Je leur ai demandé de m’aider à choisir , et après c’est le blanc sur ma mémoire… je ne sais pas ce qui a été décidé, qui a au final décidé, ni si j’ai eu connaissance à ce moment là des prénoms.

Lorsque j’ai appris suite à mes recherches que ma fille vivait c’est comme si je venais juste de la mettre au monde, une émotion incommensurable. Mais j’ai vécu, lorsque l’ASE ou le CNAOP m’ont révélé ses prénoms, une émotion aussi forte, comme si à ce moment là, je découvrais pour la première fois le visage de ma fille, et en même temps, j’ai « adopté » ses prénoms tout de suite… c’était tout à fait ceux qui étaient faits pour elle… ceux qui parlaient d’elle, ceux qui lui donnaient un corps, une existence propre, qui faisaient son unicité. Alors quand j’ai réalisé tout ce qu’un prénom contient de vie, j’ai eu carrément honte de ne pas l’avoir donné moi-même… et encore aujourd’hui c’est un peu difficile pour moi d’accepter ce manquement de ma part, et ceci d’autant plus que je vois l’importance du moindre de nos dons pour les nés sous X… et que souvent vous vous rattachez au prénom comme à un trésor.

Je n’ai rien laissé de matériel dans le dossier, juste mon prénom et une phrase « dites lui que je penserai toujours à elle » … et je n’ai pas menti… et pour ma fille cela a été un réconfort quand elle en a eu connaissance. Voilà je n’ai rien laissé, parce que laisser c’était la maintenir accrochée à moi et je voulais qu’elle vive vraiment… qu’elle soit libre. Aujourd’hui , je comprends bien mon erreur… grâce aux partages sur les sites des Nés sous X .

N.C

Suite à ce témoignage j’ai posé les questions suivantes à NC et elle a eu la gentillesse d’y répondre. Je les poste ici pour que vous compreniez ce que l’absence d’informations peut provoquer comme préjudices non seulement à la mère, mais aussi à l’enfant:

J’ai plusieurs questions:
Aviez-vous connaissance avant d’accoucher sous le secret de ce qu’était l’accouchement sous x ou en avez vous été informée lors de votre grossesse ? 
Avez vous été accompagnée pendant mais surtout après l’accouchement ? 
Les professionnels vous ayant entourée gardent ils le contact avec vous durant les deux mois de réflexion qui suivent l’accouchement ou bien êtes-vous livrée à vous même ?
Aviez vous un lieu d’écoute et de parole entre cette période et les retrouvailles avec votre enfant, ou bien n’existe t-il aucun accompagnement. Merci beaucoup N. Ce sont des questions qui, en tant que professionnelle, m’ont toujours taraudée.
Je m’interroge sur les informations, les paroles, l’écoute adressés aux mamans. J’ai obtenu le témoignage de Patou à ce sujet grâce à Isabelle-Jeanne et en le lisant j’ai été catastrophée par le manque d’informations et de temps. Car une fois la décision prise, la maman (dans le cas de Patou le couple) reste seule avec pour compagnon le temps qui passe et qui l’éloigne de son enfant tout en l’en rapprochant (puisque à sa majorité celui-ci peut faire des démarches pour retrouver ses parents) 

 MuB

Je ne connaissais pas l’existence de l’accouchement sous X avant ma grossesse. J’ai vécu ma grossesse seule, et je n’ai vu un médecin , à l’occasion d’une visite chez le médecin universitaire obligatoire pour passer les examens, que quinze jours avant d’accoucher.

Ma décision d’abandonner mon enfant a été prise seule , devant l’ordre du père de l’enfant, de revenir le ventre plat. Je ne savais pas du tout comment j’allais l’abandonner. L’urgence pour moi était d’accoucher en lieu sûr… je vivais seule, isolée de ma famille qui se trouvait à 900 kilomètres et ignorait mon état. C’est le médecin universitaire et l’assistante sociale de la faculté qui m’ont appris que je pouvais accoucher sous X à l’hôpital.

Je n’ai pas compris alors que ce X concernait mon enfant, je croyais juste que c’était mon identité qui devait être masquée au niveau du personnel hospitalier. Lorsque la personne de l’ASE est venue pour remplir mon dossier après l’accouchement, elle m’a demandé si je voulais laisser mon nom… j’ai dit oui, mais elle me l’a déconseillé parce que si mon enfant mourrait ils chercherait à me prévenir. Il me semble que ce n’est pas le genre de propos qu’une jeune femme, 22 ans , un peu perdue quand même, et terrorisée par l’expérience qu’elle venait de vivre, pouvait entendre et comprendre… moi j’ai seulement entendu, il ne vaut mieux pas… et surtout je ne pouvais pas à ce moment là, entendre parler de la mort de mon enfant alors que j’avais lutté comme j’avais pu, pour lui donner la vie, et que je voulais une belle vie pour elle.

Donc je n’ai pas laissé mon nom, mais dans mon esprit je n’ai pas compris que mon enfant ne connaîtrait jamais mon nom, juste qu’elle ne le porterait pas. Pour moi toutes les questions étaient liées à l’abandon mais pas à l’anonymat… je n’ai donc pas été suivie pendant ma grossesse quant à la question de l’accouchement sous X… même dans la maison mère /enfant où j’ai été accueillie les quinze derniers jours de grossesse on ne m’a pas aidé à réfléchir puisque dès mon arrivée, les premiers mots ont été  » on ne cherchera pas à vous faire changer d’avis, on respectera la décision que vous avez prise »… Je reconnais malgré tout que j’étais certainement fermée à toute aide… je me souviens de mon état d’enfermement et de sidération qui interrogeaient les médecins sur mes capacités mentales. Donc j’ai beaucoup de blanc sur les 15 derniers jours de grossesse… peut-être ai-je vu un psy, peut-être ai-je refusé de parler… je ne sais réellement plus.Je sais qu’ à l’hôpital, à l’époque, j’ai accouché en 1985, après l’accouchement la consigne était donnée à tout le personnel médical et de service de ne pas adresser la parole à la mère sous X… C’est une des femme de service qui me l’a appris alors que je m’étonnais que personne ne me parle.

Je n’ai donc vu que la personne de l’ASE. Donc l’accompagnement après l’accouchement à l’hôpital était limité… et je crois que trois jours plus tard je repartais avec mon sac à dos… avec juste une lettre pour un médecin généraliste. Et puis voilà … à partir de là… rien, personne… plus aucun contact avec mon histoire… Donc les deux ou trois mois se sont écoulés sans que je ne sorte de mon mutisme… et la date de fin de possibilité de rétractation est arrivée sans que j’aie évolué… Donc pour mon cas aucun accompagnement… Mais cela n’ôte rien à ma responsabilité…

N.C

Je vous propose maintenant un saut dans le temps. Projetons-nous en 1845 au procès de Mlle M. qui a lieu à Dijon. Elle est accusée d’avoir déposé son enfant dans le tour d’abandon de l’hôpital où elle a accouché et duquel elle a reçu  une somme moyennant laquelle elle s’est chargé de son enfant, s’engageant à le soigner et à le garder.

Elle écopera de 5 francs d’amende pour circonstances atténuantes. Encore une fois je tiens à souligner l’intention de « montrer du doigt » et de dénoncer ces parents souvent en difficulté qui abandonnent leur enfant dans les tours dépositaires. En effet, s’y présenter signifiait confier l’enfant à l’assistance public… mais également confier son identité aux gens  malintentionnés désireux de la révéler puisque la partie du tour où l’on déposait l’enfant se situait côté rue dans la plupart des villes…

Témoignage de Isabelle-Jeanne (auteur du livre « les Roses du Mensonge ») daté du 03/11/2013:

Isabelle-jeanne

 Je suis née Isabelle Jeanne ANDREE. j’ai été adoptée à l’âge de 9 mois. Mes parents adoptifs pensaient que je connaissais peut-être déjà mon prénom, celui-ci n’était pas le choix qu’ils auraient fait pour moi mais ils me l’ont laissée. En revanche ont supprimé mes 2ème et 3ème prénoms pour les remplacer par le prénom mixte que portait celui qui aurait du être mon parrain et qui est décédé avant mon baptème…ami de mon père que je n’ai finalement pas connu.

J’ignorais d’où venaient mes prénoms de naissance, j’ai toujours caressé l’idée qu’ils aient pu être choisis par ma mère mais sans certitude de ce côté-là, j’avais l’impression de porter des identités qui n’avaient pas de sens, j’aurais aussi bien pu m’appeler Tartampionne ou Machinchose. Pour moi, ma seule vraie identité au final c’était mon Numéro de Matricule, raison pour laquelle je me le suis fait tatouer sur l’épaule.

Inscription au dos du médaillon

Médaillon d'Isabelle (pouponnière St Vincent de Paul)

La dernière psy de l’ASE (dernière parce que je me suis rendue 3 fois voir mon dossier au cours de ma vie) que j’ai vue en avril 2012 a sur ce point été bien affirmative en me disant « ne vous imaginez pas que votre mère ait pu choisir vos prénoms, ce n’est pas l’usage, vos prénoms vous ont été donnés par un officier d’Etat Civil »…alors que je n’avais pas posé la question, pas abordé le problème de l’origine de mes prénoms, toute occupée que j’étais par les efforts que je faisais pour glaner de nouveaux éléments sur mon histoire et l’identité de ma mère.
En début de cette année 2013, j’ai pu retrouver deux femmes qui ont partagé la chambre de ma mère à la clinique où je suis née. La première est celle qui l’a fait les 3 premiers jours de l’hospitalisation après l’accouchement, la seconde est celle qui l’a fait sur les 5 jours qui ont suivi. c’est cette seconde femme qui m’a racontée que le passage de l’officier d’Etat Civil dans les chambres l’avait beaucoup marquée et qui m’a raconté l’épisode qui s’est déroulé dans la chambre ce jour-là :

lorsque ce fut au tour de ma mère de faire la déclaration de naissance, elle a répondu « je n’ai pas le droit, j’accouche sous X ». L’officier a alors répondu vertement « N’allez quand même pas croire que c’est moi qui vais me charger du choix des prénoms de votre enfant ! que vous le reconnaissiez ou pas vous choisissez ses prénoms ! ».

Celle qui avait partagé ce moment avec ma mère m’a dit « vous n’imaginez pas le plaisir que ça a du lui faire ! Elle était toute souriante en prenant le stylo et remplissant les papiers ! A compter de ce moment-là, puisque vous étiez dans la chambre avec nous, votre maman, moi, mon fils, elle vous a appelé Isabelle. Jusque là elle ne vous appelait pas par un prénom, juste MON BEBE ».

En creusant un peu et en posant d’autres questions à cette dame, j’ai fini par apprendre que ma mère se prénommait Jeanne… J’avais enfin l’histoire de mes 2 premiers prénoms, j’avais 48 ans. Je ne sais pas d’où vient mon 3ème prénom, je pense que ma mère l’a choisi aussi. Je ne sais pas s’il est le prénom d’un membre de sa famille, son 2ème prénom à elle, s’il est le prénom féminisé de mon père-géniteur. Mais je pense qu’il a aussi une histoire.

Depuis quelques mois germe en moi l’idée de reprendre mes 3 prénoms de naissance. Pour mon père adoptif, parce que c’était le prénom de son meilleur ami, je veux bien laisser en 4ème position le prénom de ce parrain que je n’ai pas connu. Mais je voudrais reprendre cette identité que ma mère m’a offerte. Ce n’était pas son patronyme, pas des noms qui se transmettent comme se transmet un patronyme, mais c’est son choix et c’est au fond la seule chose qu’elle m’ait laissée.

Pour la petite histoire, j’étais au fond de moi tellement convaincue que mes prénoms avaient un sens que ma fille aînée porte en 3ème prénom mon patronyme de naissance ANDREE et que ma seconde fille porte mon 2ème prénom JEANNE qui est aussi le prénom de ma mère, en 2ème position, comme moi finalement. Et quelque part j’aimerais bien que le prénom de ma mère se diffuse un peu dans ma lignée descendante, parce qu’il est la seule chose à laquelle cette lignée peut se raccrocher en matière de généalogie maternelle. Ce « jeanne », d’une certaine façon, il est un peu notre EVE, la première-femme-connue-et-pourtant-inconnue.

Isabelle-Jeanne

Je vous propose maintenant de nous rendre à la Cour d’appel de  Bordeaux (18 février 1846):

Après le décès de madame J., son mari et ses feux filles, en qualité d’héritiers, procèdent au partage des biens.  Le sieur M., administrateur de l’hospice des enfants-trouvés, intervient alors pour défendre les droits de la petite B., dont il est le tuteur puisqu’ il s’agit d’une enfant abandonnée, et dont il souhaite qu’elle reçoive une part de l’héritage puisque s’agissant de la fille de madame J.

Pour cela il apporte des preuves que je vous propose d’énumérer telles qu’elles sont décrites dans les travaux de la commission des enfants trouvés instituée le 22 août 1849 par arrêté du ministre de l’intérieur, et visibles sur le site Gallica de la bibliothèque nationale de France:

1°) La défunte madame J., à diverses reprises et à plusieurs personnes, a fait la confidence qu’elle était accouchée d’une fille qui avait été déposée à l’hospice des enfants-trouvés, et montrait à cet égard une vive sollicitude.

2°) La deuxième preuve précise la date, le lieu ainsi que les témoins de l’accouchement et le sexe de l’enfant.

3°) La troisième preuve est touchante car il s’agit du nom de baptême de la fillette, associé au nom du vicaire et des autres témoins ayant assisté à la cérémonie (la date est d’ailleurs précisée).

4°) Cette preuve-ci précise la date et l’heure du dépôt de l’enfant au tour de l’hospice des enfants-trouvés sous son nouveau nom.

5°) La cinquième preuve cite le nom de la personne ayant déposé l’enfant dans le tour ainsi que la « marque et les deux écrits dont le double est représenté« .

6°) On en apprend plus sur les billets joints à l’enfant lors de son abandon: il s’agit de ceux constatant son baptême, ainsi que celui précisant la date de naissance de l’enfant ainsi que son nom de baptême et l’identité de la mère. Ce billet est d’ailleurs joint à une « marque ».

J’ouvre une parenthèse pour vous expliquer de quoi il retourne. Bien souvent les mères abandonnant leur enfant gardaient l’espoir de les récupérer. Pour ce faire elles laissaient un écrit qu’elle déchiraient ou découpaient en deux et dont elle conservaient une partie. Ainsi, lorsque l’on réunissait les deux feuillets on s’apercevait qu’il s’agissait de la même lettre. La marque pouvait être un médaillon, un morceau d’étoffe dont elles conservaient là encore l’autre partie. Cela pouvait être une mèche de cheveu,  un objet de leur fabrication… bref quelque chose dont elle pourraient, par leur description ou l’apport de preuves supplémentaires ou concordantes, prouver qu’elles sont la mère de l’enfant.

7°) La septième preuve explique que c’est la sage-femme ayant déposé l’enfant à l’hospice qui a conservé le double de la mettre et le double de la « marque ».

8°) Nous apprenons que la mère naturel de la fillette a cherché à récupérer ces preuves de sa maternité.

9°) La neuvième preuve explique que la veille de sa mort, Madame J. a confié ces preuves à une modiste, afin qu’elle les concerve à son tour dans l’intérêt de l’enfant.

10°) La demoiselle modiste les a remises à Monsieur J. qui les a remises à Monsieur M., ce cher administrateur de l’hospice des enfants-trouvés.

Vous allez me dire que l’affaire est bouclée et que la fillette, en plus de découvrir son identité, recevra sa part d’héritage… Il n’en est rien.

Bulletin d'entrée à l'hospice des enfants trouvés
Bulletin d’entrée à l’hospice des enfants trouvés

Témoignage de M-C F. daté du 04/11/2013:

Je pense que lorsque qu’une mère de naissance choisit les prénoms de son enfant ce n’est pas au hasard , à ma naissance je m’appelais Agnès,Marie-Joseph , je sais aujourd’hui qu’elle ne pouvait pas me donner le prénom de mon père bio , mais elle s’appelait Marie, et Joseph , c’était le nom de son père ; j’en ai toujours voulu à ma mère adoptive d’avoir changé mon prénom et je n’ai jamais aimé ce prénom ; dans ma tête , je suis Agnès ! 

Pour moi Agnès a toujours été mon « vrai » prénom , celui auquel j’ai droit , l’autre , je l’ai toujours considéré comme un prénom d’emprunt , ce n’est pas moi !

Agnes

Sur cette image issue du Foundling Muséum, un morceau d'étoffe est joint à la lettre faisant référence à l'enfant, ceci pour preuve d'identification
Sur cette image issue du Foundling Muséum, un morceau d’étoffe est joint à la lettre faisant référence à l’enfant, ceci pour preuve d’identification

Signe textile: Un ruban à fleurs rose et blanc. L’enfant trouvé numérot 7000, une fille a admis le 13 janvier 1758.

La lettre dit :Ann Gardiner, fille de James et Elizabeth Gardiner est née à St Brides le 6 octobre et a été baptisée en son église paroissiale le 10 octobre 1757. Nous prions pour que vous preniez soin d’elle et nous paierons toutes les charges dans quelques temps. Vous avez toute notre reconnaissance et elle rejoindra notre maison quand nous aurons surmonté les ennuis dans lesquels nous sommes.

Elle n’est pas une enfant de bâtard et nous vous sommes reconnaissants de vos soins vis-à-vis d’elle. Votre humble serviteur le plus obligé JG.

Témoignage d’Iza belle daté du 04/11/2013:

 Lorsque je suis allée consulter mon dossier à « la famille adoptive française » c’est la première question que j’ai posée: « à t-elle choisi mes prénoms ? ». On m’a dit oui, ils le savent car sur la déclaration d’abandon tout est écrit de sa main. Dans le cas contraire ce champ aurait été renseigné par quelqu’un d’autre et donc avec une écriture différente…

Ce n’est pas grand chose, c’est la seule choses qu’elle m’à laissée mais quand je l’ai su j’ai été si heureuse ! J’avais l’impression de représenter quand même quelque chose pour elle. Pourtant aux vus de beaucoup de témoignages les femmes qui n’ont pas choisi le prénom de leur enfant n’en n’ont pas moins de considération. Mais avant, sans rien savoir, c’est l’idée que je m’en faisait, elle ne m’a pas abandonnée comme un chien, je devait compter pour elle…

Il m’arrive de me servir de ce prénom face aux gens que je rencontre, je leur dis que je m’appelle Marion, dans un sens ce n’est pas tout à fait faux, d’ailleurs mes parents adoptifs me l’on mis en second prénom.

Iza belle

Signe textile de reconnaissance, en coton ou lin imprimé avec un modèle de coquille bleu et blanc. Enfant trouvé numéro 11148, fille admise le 11 janvier 1759. Nommé Ann Flamsted par l'Hospice pour enfants trouvés. Morte le 21 février 1759...
Signe textile de reconnaissance, en coton ou lin imprimé avec un modèle de coquille bleu et blanc. Enfant trouvé numéro 11148, fille admise le 11 janvier 1759. Nommé Ann Flamsted par l’Hospice pour enfants trouvés. Morte le 21 février 1759…

Le signe de reconnaissance ci-dessus provient du vêtement d’une enfant trouvée immatriculée 11148. On ne connait pas l’âge de la fillette, admise le 11 janvier 1759. Nommée Ann Flamsted par l’Hospice pour Enfants trouvés de Londres, elle meurt le 21 février 1759.

Témoignage d’Hélène C. daté du 04/11/2013:

Ayant retrouvé ma mère biologique il n’y a pas si longtemps … Vos questions sont exactement celles que je lui ai posées en premier…. 
Elle m’a dit qu’ on ne lui a jamais expliqué ce qu’était un accouchement sous le secret, qu’elle a signé ce qu’on lui a donné et qu’elle ne savait même pas qu’elle avait le choix. 
Elle ne savait rien de ce qu’il y avait ou pas dans mon dossier et, encore pire: elle a été surprise lorsque je lui ai annoncé quelle avait la possibilité de lever le secret !!!!!!!
Elle n’a jamais eu d’infos sur moi et était d ailleurs persuadée qu’elle avait accouché d’un garçon. 

Pour ce qui est du temps …. J’en parle même pas ! Elle a accouché sous anesthésie générale et est repartie chez elle le lendemain.

MuB:  Pfffffffffffffffffff, ne même pas savoir le sexe de l’enfant ! C’était en quelle année ?

Hélène C.: Je suis née en 1990 !

MuB: Mon Dieu ! J’ai honte pour la profession.

Hélène C.: Pour avoir parlé avec des sages-femmes, médecins, …. je sais que le manque d’infos et de formations est un énorme manque pour vous aussi. Il faudrait sensibiliser dans les IFSI et les écoles de puer, de sages-femmes, d’assistantes sociales. J’ai une de mes meilleures amies qui a fait une école pour devenir puer et ils n’en parlent pas du tout !

MuB: 17 ans en arrière cela a pris une demi-journée lors de ma formation d’auxiliaire de puériculture. ChS (la co-fondatrice de mon blog) est l’une des rares professionnelles engagées dans la formation et l’instruction des maternantes. Surement du fait qu’elle-même est aide-soignante de base et qu’elle voulait avec sa hargne habituelle avoir du répondant aux auxiliaires de la poup. Eh bien la majeure partie du temps elle n’était pas écoutée. Beaucoup de gens partent du principe qu’après avoir obtenu un diplôme et décroché un métier il n’est plus nécessaire de se former… hormis pour échapper quelques jours par an au train train lancinant.

Signe textile de reconnaissance d'un Enfant trouvé numéro 14953,admis le 28 décembre 1759. Nommé Mentor Lesage par l'Hospice pour enfants trouvés. En apprentissage le 7 novembre 1770 chez Hercule Durham, fermier, de Fulmer, dans Buckinghamshire.
Signe textile de reconnaissance d’un Enfant trouvé numéro 14953,admis le 28 décembre 1759. Nommé Mentor Lesage par l’Hospice pour enfants trouvés. En apprentissage le 7 novembre 1770 chez Hercule Durham, fermier, de Fulmer, dans Buckinghamshire.

Ci-dessus signe de reconnaissance textile d’un Enfant trouvé immatriculé sous le numéro 14953. Ce bébé a été admis le 28 décembre 1759 et nommé Mentor Lesage par l’Hospice pour Enfants trouvés. Le garçonnet a été mis en apprentissage onze ans plus tard, le 7 novembre 1770, chez Hercule Durham, fermier, de Fulmer, dans le conté Buckingham.

Témoignage d’E.M, daté du 4/11/2013:

 Ma mère de naissance a signé un document vierge… elle ne savait pas non plus pour la levée du secret. Elle n’a reçu aucune information. Elle a accouché hors département après un passage en maison maternelle.

Des professionnels lui ont même dit: « vous êtes enfant de l’assistance, qu’est-ce que vous voulez faire d’un bébé ?! »

E.M

Lettre associée à un morceau d'étoffe et à une croix par une maman en France (visible au musée britanique des enfants trouvés)

Jeton d'enfant trouvé visible au Foundling Museum de Londres
Jeton d’enfant trouvé visible au Foundling Museum de Londres

Ci-dessus voici une pièce de monnaie admirablement gravée et laissée sur l’enfant prénommée Elizabeth en 1756. Son père a été reconnu coupable de voler le charbon et avait été déporté pendant 7 ans, laissant probablement la famille privée de tout revenu.

Témoignage de Christophe Martenot, daté du 4/11/2013:

Bonjour , le 2 octobre 1983, mon ex-femme a accouché chez ces parents avec l’assistance d’un docteur. Ce toubib lui a dit « c’est une fille » et lui a mis dans les bras. Elle n’a pas donné de prénom à cette enfant puis le docteur est parti avec le bébé et elle ne l’a jamais revue.

Il lui avait dit qu’il avait l’habitude, il ne lui a pas fait signer de papiers et n’a pas déclaré l’enfant dans la commune de naissance. Elle na pas été suivie et après après mon bébé a été adoptée à 4 mois au dire de l’AS de Mâcon que j’ai rencontrée et qui m’a confirmé qu’il n’y avait aucuns papiers ni procès verbal d’abandon. Puis elle a précisé avec un sourire narquois que je n’avais qu’à faire un procès à l’Etat.

Christophe Martenot

Procès-verbal d'abandon visible au musée de l'AP-HP de Paris
Procès-verbal d’abandon visible au musée de l’AP-HP de Paris

MuB


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