Modèle du certificat l'allaitement

19 juillet 1773: nécessité de ne recevoir, à l’hospice des Enfants-Trouvés, que les nouveaux-nés destitués de secours:

Permalien: Gallica

Faisons court puisque tout ce qui est dit dans cet extrait nous le savons déjà. Nous apprenons que les enfants étaient amenés à l’hôpital des Enfants-Trouvés en vertu de procès-verbaux de commissaires au Châtelet. Cette voie a peu à peu été étendue à des enfants de tout âge. Il est donc décidé de fixer à 5 ans l’âge maximal des enfants admis à l’hospice des Enfants-Trouvés, les autres allant…. allant ? Petites révisions ? Les garçons à la Pitié et les filles à la Salpêtrière.

Extrait du registre des délibérations du bureau de l’Hôpital-Général du 17 janvier 1774:

Ici on découvre sans trop de surprise que les 3 provinces fournissant le plus de nourrices à Paris sont la Picardie, la Normandie et la Bourgogne. Les inspecteurs sont en nombre insuffisant par rapport à celui  des enfants trouvés (+ de 10.000 à l’époque). En effet il leur faut entre deux ans (si on quadruple les budgets) et quatre ans pour visiter tous les enfants. Une visite tous les quatre ans c’est peu… et l’Hôpital-Général est contre.              L’autre grave inconvénient c’est que la tenue des registres est impraticable à cause du nombre considérable de meneurs et de celui gigantesque d’enfants dont ils sont chargés.

On apprend aussi que si les curés sont si peu enclins à délivrer des certificats aux nourriciers c’est en partie à cause de la maigre rétribution qu’ils reçoivent pour les inhumations. Du coup mieux vaut augmenter la somme des 20 sols actuels si l’on veut qu’ils fournissent plus de nourrices.

L’usage de donner des enfants aux nourrices par commission, c’est-à-dire par l’intermédiaire des meneurs est fortement récrié car on sait que beaucoup d’enfants sont peu ou pas nourris durant le trajet mais qu’en plus les meneurs ramènent peu de nourrices sur Paris car ils touchent beaucoup plus d’argent en amenant eux-mêmes les enfants « de commission » en nourrice.

Le mot vêture apparait dans le vocabulaire des travaux de la commission des Enfants Trouvés ! Si vous avez lu les précédents articles de la catégorie « Histoire » vous savez sans doute que c’est grâce à ce mot que aujourd’hui je vous fournis autant d’informations puisqu’en effectuant une association de mot-clé je suis tombée sur ma pépite d’or sur le site de Gallica.

Les enfants se trouvent souvent nus l’hiver, par l’usage de ne leur fournir qu’une vêture chaque année, à commencer du moment de leur envoi en nourrice, de sorte que les enfants envoyés dans le printemps ou dans l’été se trouvent n’avoir que de mauvaises hardes pour l’hiver; pourquoi il conviendrait que, sans avoir égard à l’échéance des vêtures, elles fussent délivrées à l’entrée de l’hiver.

On apprend également qu’un meneur gagne plus d’argent pour amener des enfants à l’hôpital des Enfants-Trouvés qu’à placer ceux qui y sont en province et à les visiter chez les nourrices. Il faut donc inverser la donne en augmentant la somme allouée aux meneurs afin de trouver des nourrices et visiter celles-ci.

Pour remédier au problème du nombre insuffisant d’inspecteurs, qui, même avec un budget plus conséquent, ne peuvent visiter l’ensemble des enfants que sur deux années complètes, il est convenu de faire de nouveau appel aux soeurs de la charité qui de leur côtés sont prêtes à agir de manière désintéressée à conditions d’être remboursées de leur dépenses qui ne dépassent pas un quart du budget qui reviendrait à l’inspection nouvelle. De plus elles évitent des frais de régie et savent naturellement inspirer obéissance et respect aux nourrices.

Règlement concernant les Enfants trouvés de Paris, arrêté au bureau de l’administration, le 28 mars 1774:

Nourrices:

Rassurez-vous je ne vais pas vous rabâcher de nouveau tout le règlement des enfants trouvés. Je vais juste vous dire ce qui diffère des précédents.:
Art. 1er. Oui les nourrices ont toujours besoin du certificat des curés ou desservants de leurs paroisses …

2. …

3. Les soeurs de la charité reprennent leur place, même au sein du règlement officiel qui les autorise à visiter les nourrices …

4. Les nourrices qui, à cause de leurs occupations, ou par autre empêchement, ne pourront faire le voyage de Paris, remettront leurs certificats aux meneurs, pour sur iceux leur être envoyé des Enfants, s’il y en a de trop pour les nourrices présentes; mais seront préférées aux nourrices absentes, celles qui seront en couche d’un Enfant qui serait décédé, et en général celles dont le lait sera le plus nouveau.

5. …

6. …

7. On ne pourra différer les départs des Enfants en nourrices … quand il y en aura dans l’hôpital un nombre suffisant pour les nourrices présentes. En conséquence, lorsqu’un meneur aura … des affaires qui le retiendront et qui l’empêcheront de partir le jour où ses nourrices pourront être pourvues d’Enfants, alors, ou il laissera partir sa voiture, ou il cèdera son tour à un autre meneur.

8. Les Enfants tout nouvellement nés seront donnés, de préférence, par commission, ces enfants n’ayant pas un besoin si pressant d’être allaités, et étant par conséquent plus en état de pouvoir mieux se passer de nourrices durant le voyage, que ceux qui ont déjà plusieurs jours.
9. …

10. On continuera de confier à des sevreuses les Enfants à qui des maladies ou des accidents auront ôté l’usage de téter, et ceux de la part de qui il y aurait à craindre pour les nourrices, pourvu qu’il soit attesté que ces sevreuses ont une vache.

11. Aucune nourrice ne pourra garder à la fois un nourrisson de l’hôpital et un nourrisson bourgeois, quand même l’un des deux serait sevré; mais elle sera obligée d’opter pour l’un ou pour l’autre.

12. …

13. On continuera de donner aux nourrices des feuilles imprimées, nommées vulgairement « bulles », et d’en conserver des doubles au bureau; une longue expérience ayant prouvé l’utilité de ces feuilles, eu égard aux renseignements qu’elles contiennent; et elles tiendront lieu de billets de renvoi vis-à-vis de MM. les curés, qui pourront se les faire représenter, soit pour connaître les Enfants, soit pour attester leur existence ou leur décès. …

14. …

15. Les Enfants à qui il surviendra quelques accidents ou quelques maladies, autres que celles dont la contagion serait dangereuse pour les nourrices, seront traités sur les lieux, pourvu que, dans le cas ou la maladie serait considérable, il en soit auparavant donné avis au bureau; et, dans le cas de traitement sur les lieux, les chirurgiens qui voudront se faire payer, dresseront un mémoire de leurs frais et visites; et, après l’avoir fait viser et certifier véritable par MM. les curés ou desservants, ils en chargeront les meneurs, pour être remis au bureau et y être réglé par le chirurgien ordinaire de l’Hôpital.


16. A l’égard des Enfants qui se trouveront attaqués de maladies contagieuses et dangereuses pour les nourrices, ils seront ramenés à Paris, pour être traités dans les maisons de l’Hôpital-Général.

Vêtements :

17. Les vêtements des Enfants consisteront, savoir:

La layette, en une couverture de laine blanche, deux langes d’étoffe, deux langes piqués, six couches, quatre bandes, quatre béguins, quatre tours de cou, quatre chemises en brassières, une brassière d’étoffe blanche, quatre cornettes et un bonnet de laine.

La 1ère robe, en une piqûre de corps recouverte de droguet brun avec un jupon pareil, une chemisette de revêche blanche, quatre chemises, quatre béguins, quatre mouchoirs, quatre tours de cou, deux paires de bas de laine blanche, et, en outre, deux couches et deux langes.

La seconde robe, en une piqûre recouverte comme ci-dessus, et un double jupon, dont celui de dessous sera de tiretaine; deux chemises, deux béguins, deux mouchoirs de cou, deux cornettes, un bonnet et deux paires de bas de laine.

La 3ème et la 4ème robe sont composées comme la seconde.

La 5ème robe et les suivantes consisteront en une robe de chambre de droguet brun, comme les autres robes, une chemisette de revêche blanche, deux chemises, deux béguins, deux mouchoirs, un bonnet et une paire de bas de laine.

18. Il sera donné six sols, lors de la livraison de chaque vêture, pour les souliers de l’enfant.

19. La première robe se délivrera dans le 9ème mois de l’enfant, et les autres d’année en année, excepté la 3ème et les suivantes, dont la livraison écherrait en hiver jusqu’à la fin de mars, lesquelles, sans égard aux époques de la dernière livraison, seront délivrées dans le courant du mois d’octobre et de novembre, attendu la rigueur de cette saison.

20. Dans la quinzaine au plus tard du décès des Enfants, les nourrices remettront à leurs meneurs les hardes et linges des Enfants décédés, leurs extraits mortuaires, ainsi que les bulles imprimées et billets en parchemin qui leur auront été donnés en prenant les Enfants; à peine de n’être point payées des mois de nourriture qui pourraient leur être dus.

21. Les nourrices à qui l’on aura retiré les Enfants, soit pour les donner à d’autres, soit pour les ramener à l’Hôpital, etc., seront tenus de se conformer à l’article précédent, sous les mêmes peines.

Enfants placés – MM les Curés – Les meneurs

Vous voulez savoir ce que le règlement prévoit pour les Enfants placés, le rôle des curés dans chaque paroisse et celui des meneurs ?

Rendez-vous sur le site Gallica qui vous promet une nouvelle fois de belles surprises !

Les visites:

49. Il sera fait tous les ans, par les soeurs de la charité ou autres personnes commises par le bureau d’administration, des tournées dans les villes, bourgs, villages et hameaux où il y a des Enfants de cet hôpital, pour y visiter les Enfants, inspecter les nourrices et vérifier l’exercice des meneurs; à cet effet, il sera dressé chaque année des rôles ou états, distribué par paroisses, des Enfants existants , tant en nourrice et en sevrage qu’à la pension, dans les provinces où le bureau se proposera de faire faire des tournées. …

50. Les soeurs chargées de l’inspection … se feront accompagner par les meneurs, dans tous les lieux où il y aura des Enfants de l’Hôpital …                                                                  Je ne vais pas m’étendre sur cet article où il est question de visiter, questionner les curés, les meneurs, les nourrices, d’observer l’état des enfants. Elles ont en tous points les mêmes pouvoirs que les inspecteurs comme par exemple le fait de pouvoir exiger le changement d’un enfant de nourrice si celui-ci n’est pas bien traité.


51. …

52. …

53. …

54. …

Modèle du certificat l'allaitement
Modèle du certificat d’allaitement

MuB


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