Brun. 1,80m. Cheveux portés mi-longs afin de donner du mouvement à leur ondulation souple et soyeuse. Un regard accrocheur, ténébreux. Une musculature saillante sous un simple polo et un pantalon de toile. Une mâchoire carrée, volontaire. C’est ainsi que je m’ imagine ce jeune père qui hélas n’en porte ni le titre ni l’apparence. Une histoire qui n’aurait pas dû marquer ma mémoire et pourtant…
-« Et pourquoi n’a t-il pas pu reconnaitre son enfant ? »
-« Parce qu’il ne disposait pas des éléments obligatoires pour la reconnaissance en paternité. »
-« Et de quoi s’agit-il ? »
L’assistante sociale a un sourire navré et les énumère devant moi:
-« Il aurait fallu qu’il connaisse la date, l’heure, le lieu de naissance et les trois prénoms donnés à l’enfant. »
-« C’est tout ? »
-« Oui. »
-« Si je comprend bien sans cela il n’a aucun recours pour reconnaitre son enfant ? »
-« Oui. »
-« Même si il souhaite l’élever et l’éduquer malgré la volonté de la mère de l’abandonner ? »
-« Oui, il lui faut ces différents éléments pour permettre d’entamer une procédure de reconnaissance en paternité. »
La conversation a continué, dévoilant une histoire simple, stupide mais banale. Cet enfant ne saura probablement jamais que son père a souhaité s’impliquer activement dans sa vie. Lui ne saura jamais ce qu’est devenu son bébé qu’il a essayé – avec ses faibles moyens et malgré son jeune âge – de récupérer. Mais à mes yeux, et même si il n’a jamais tenu son enfant dans ses bras, par cette volonté d’agir pour son bien, il mérite d’être appelé papa, même si ce n’est que le temps d’un article…

